Chaque série de sculptures est commentée par Jean-Louis AVRIL.

Critique d'Art et rédacteur pour les magazines Beaux Arts et l'Univers des Arts.

Série "Masks" : des hommages aux rêves (1ère part.)

Au dédale des sentines, ce sont des cailloux laissés pour… contes dans lesquels bute l’imaginaire de Nadine Bouis. Des bris de stéatite d’une bonne quarantaine de centimètres où se façonnent les Masks dans l’anamorphose de leurs formes originelles. Ce sont des éclats qu’elle a adoptés pour l’éternité en hommage à quelques grands hommes. Dans l’esprit et la profondeur sobrement descriptive, ces figures s’apparentent aux créations des Arts Premiers.

Série "Spirits" : des hommages aux rêves (2ème part.)

Dans une démarche très proche, les Spirits se laissent essentiellement porter par les miracles que prodiguent les dieux du hasard. La ligne d’une pierre pentue, pour le visage du Lover, accentue son expression contemplative. L’ébauche d’un nez creusé dans un marbre noir des Pyrénées, dans une apparente simplicité, exalte l’effet extatique. L’artiste a eu le coup d’œil du maître pour limiter son geste sculptural mais aussi le réflexe de fondre dans le bronze cette exceptionnelle expression. L’adorner d’une patine aux reflets bleu-vert et mordorés sublime l’irrépressible attente du Lover vers un baiser de tendresse et d’amour.

 

Red Knight est également conçu dans une approche similaire. D’un abord plutôt hautain sous le heaume, le chevalier, en marbre rouge du Roussillon, semble avoir toujours habité ce bris de pierre dans l’aura, la noblesse et la grandeur d’un chef de guerre. Son histoire n’attend plus que notre regard pour nous être conté. Tout était déjà dans la roche et n’attendait que la main et le burin de l’artiste aux aguets.

Prenez, par exemple, son bronze «Lover» (Amant), authentique chef d’oeuvre d’art épuré et stylisé à l’extrême, au point de frôler l’abstraction !  C’est indiscutablement une création d’une esthétique et d’un goût exquis.

Giulio-Enrico Pisani. Critique d'art. Zeitung vum Lëtzebuerger Vollek. Montag 10 Oktober 2016.

Série "Bodies" : qui suis-je ?

Entre 2010 et 2013, Nadine Bouis tente un nouveau défi après avoir découvert en Belgique, un bloc de marbre noir qui lui inspire le buste Black Beauty. Une somptueuse beauté callipyge où les lignes pures et la lumière glissent sur le poli de la pierre.

 

Dans cette série, que l’on peut suivre d’un œil… tactile, une Diane taillée dans une pierre du Zimbabwe qui révèle des formes généreuses et fermes dans la liberté d’un quasi dessin cézannien pré cubique. Des beiges brûlés aux bleus grisés, les couleurs courent sur la carnation rocailleuse que révèle le grésage en eutexies ardoisées. Ses incrustations confèrent un côté sauvage à cette chasseresse et accentue les contours en ronde-bosse explosive.

 

The Player, Chris et Apollon érigent leur tronc démembré, arraché au gypse translucide. Dans la pureté champlevée des contrastes, ils développent une musculation d’athlète accompli que trouble pourtant la douceur extrême des courbes. Sous le ponçage, une légère fragrance androgyne se fait jour. Bodies, seriez-vous les miroirs mythologiques et magnifiés de nos origines ?

Série "Men at work" ou le génie humain

Au hasard de ses balades dans les carrières, Nadine repère des éclats de marbre noir ou blanc, ou encore d’albâtre. Les formes brutes qu’elle a su sauvegarder lui ont inspiré le thème de cette série de 7 œuvres. Elle en sculpte l’avers et le revers et en conserve l’aspect déchiqueté des contours.

 

Men at work est un hommage au travail de l’homme qui apprivoise la matière depuis des millénaires. Ces créations sont une évocation de cette quête universelle d’une beauté transcendée et puisée à l’essence même du génie humain. Dans le dépassement de soi et la force symbolique qui relève de cette succession sculptée, ciselée et polie jusqu’à l’extrême effet miroir, l’épure des lignes scintille et palpite sous le déploiement du drapé. Sur chaque face, l’œuvre est transpercée par une fibule, broche qui représente symboliquement la maîtrise de l’homme sur la pierre, le fer et le feu, ici pour le meilleur de l’art.

Quand l'homme arracha un bloc de marbre du poitrail de Carrare, il en jaillit un sens, d'abord frippé, galbé joliment par le vent, puis merveilleusement gondolé, lissé par le travail d'un titanesque délire, les romanesques doigts d'une sculpteuse en verve, Nadine BOUIS. La caresse attendue arriva juste à temps pour que la beauté frémisse. L'oeuvre était , il est vrai superbe. Elle l'est restée.

Alphonse PENSA. Poète et artiste peintre. Septembre 2014.

Série "Les ZoiZos - The BirdZ" : en bandes organisées

Ces ZoiZos palmipèdes forment un groupe organisé, polissé et urbain au nombre strictement limité à 50. Leur hauteur peut attendre 1m20 sous le drapé de rutilantes patines… de bonne coupe et monochromes variés. Ils sont issus des convulsions tectoniques d’un marbre de haut lignage en taille directe sous le burin et l’enroulée de trois courbes de la plus belle venue. Le clonage de cette compagnie est le fruit de l’union de poudre de marbre et de résine polyester. Dans l’élégance brancusienne des lignes, Nadine Bouis y taquine l’épure à flux tendu et concocte un humour tendre, directement perceptible, quand ses volatiles s’ébattent en ordre de parade et tenue de soirée en toute sorte de mises en scènes et installations qui peuvent se projeter à l’infini.

Dans un design élégant, Nadine Bouis taquine l'épure au flux tendu de la courbe. En ligne pure, elle concocte un humour tendre, directement perceptible dans ses volatiles polymarbrés, en ordre de parade et tenue de soirée.

Jean-Louis AVRIL. Critique d'art. Univers des Arts n°181. Oct.-Nov. 2015

Diaporama : expositions récentes

Des sculptures sont exposées en permanence en galeries en France et au Luxembourg :

Galerie Saint François - 22 avenue Comte de Bertier - 57100 Thionville

Cour des Comptes Européenne à Luxembourg. Salons VIP.

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